Entrevues avec les trois finalistes des Francouvertes

Tous les espoirs seront permis le 13 mai lors de la 17e finale des Francouvertes. Le Club Soda accueillera sur scène les trois finalistes : les Dead Obies, Marcie et Les Hay Babies. Louis-Jean Cormier et Dany Placard seront également sur place en tant que porte-paroles de l’évènement. Les membres d’un jury tout neuf (n’ayant pas participé aux premières sélections de cette édition) détermineront lequel de ces trois talents repartira avec la bourse SiriusXM de 10 000 $. En attendant les résultats, nous avons fait la rencontre des finalistes pour vous donner un aperçu de leur travail.


Dead Obies

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Remporter les Francouvertes, ça représenterait quoi pour vous?

Une espèce de victoire de l’authenticité. On a quelque chose qui n’est pas conventionnel. On ne s’attend pas à gagner. Ça nous donnerait des sous pour notre album. C’est la première fois qu’il y a une belle renaissance de notre genre. Ça serait extrêmement positif si nous remportions les Francouvertes.

Quel est l’artiste du moment auquel vous vous identifiez le plus?

Nous sommes dans la même vague que Alaclair Ensemble. Ce sont des amis. On aime aussi Loud Lary Ajust. On s’identifie à eux parce qu’on les aime et on les respecte. On partage des affinités.

Comment décrivez-vous votre type de musique?

C’est du post-rap. On s’inspire de la forme de musique qui est classifiée comme du rap, mais qui est comme un moment dans l’espace lors des années 80-90 sur la côte ouest américaine. Nous sommes six Québécois de toutes sortes d’origines. On intègre cette musique la à notre pratique identitaire, aux thèmes qui nous touchent. On n’aime pas parler de notre style parce que quand tu nommes quelque chose tu le délimites. Chaque band a son style. Quand Nirvana a dit qu’il faisait du grunge, plusieurs les ont inimités et tout le monde ne faisait pas forcément du grunge. On ne veut pas s’imposer de limites. On a d’ailleurs une chanson punk-rap. On va en direction d’une musique minimale expérimentale. On essaie de pousser ailleurs.

Nommez-moi une personne qui vous inspire?

Comme on est six, on a chacun notre individualité, ce qui crée une grande synergie. Si pour l’un d’entre nous c’est Bob Dylan et Jay-Z, pour un autre ce sera du punk ou du métal. Le hip-hop est né dans les années 70. On est encore dans les balbutiements du genre et au Québec encore plus, il y a tellement à faire et c’est bien d’avoir des influences disparates.

Vous voyez votre groupe ou dans 10 ans?

Idéalement nous voudrions pouvoir vivre de notre musique tout en n’ayant jamais à en faire souffrir notre musique. On ne veut pas devenir un band de chanson d’amour insipide. Partir une révolution et changer les fusils en fleurs serait aussi un bel objectif.

Pourquoi devriez-vous remporter les Francouvertes?

La musique et les concours, ça ne va pas ensemble. Un concours ce sont des critères et tu gagnes parce que tu réponds aux critères. Nous on les démoli les critères. On a déjà gagné d’être en demi-finale. Le spectacle du Club Soda est un bonus. Gagner en serait un autre.

Quels sont les thèmes qui vous inspirent?

La Rive Sud de Montréal. On a notre propre cosmogonie. On appelle ça « le sud sale ». C’est une espèce d’état d’esprit qui domine la banlieue et qui mène à la frustration et au refoulement. L’originalité n’est pas prônée là-bas. On veut dire que c’est correct de sortir du moule. Par exemple, Occupation Double c’est sud sale, les clubs c’est sud sale…

Si j’étais magicienne et que je pouvais vous donner exactement ce que vous voulez en ce moment, ce serait quoi?

De devenir riches en amenant du positif pour la société, tout en étant bien habillés.


Les Hay Babies

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Remporter les Francouvertes, ça représenterait quoi pour vous?

On ne savait pas c’était quoi ce concours-là parce qu’on vient du Nouveau-Brunswick. C’est donc déjà beaucoup pour nous d’être rendues là. On voudrait gagner pour que les gens soient fiers de nous et parce qu’on voudrait faire un album à l’automne.

Quel est l’artiste du moment auquel vous vous identifiez le plus?

Nous sommes trois et nous avons trois façons différentes d’apprécier la musique. On pourrait dire qu’en général on aime Wilco, Andrew Bird, le country et le blue grass.

Comment décrivez-vous votre type de musique?

C’est principalement du folk, agrémenté de nos bases, ce qu’on connaît et la musique avec laquelle on a grandi, nos racines.

Nommez-moi une personne qui vous inspire?

Lisa Leblanc est une de nos bonnes amies. De la voir faire, c’est inspirant pour nous autres.

Vous voyez votre groupe ou dans 10 ans?

On voudrait être encore actives ensemble, mais nous aurons également des projets ailleurs, en solo et avec d’autres personnes.

Pourquoi devriez-vous remporter les Francouvertes

Ça fait seulement un an et demi qu’on travaille ensemble et on est déjà rendues là. Ça serait un bon coup de pouce pour nous aider à persévérer.

Quels sont les thèmes qui vous inspirent?

On adore inventer des histoires. On se base beaucoup sur les histoires des autres, ce qu’on entend. On aime bien partir d’un lapsus ou d’une métaphore.

Si j’étais magicienne et que je pouvais vous donner exactement ce que vous voulez en ce moment, ce serait quoi?

Plus de jours dans une année! On est souvent en tournée et on manque de temps pour faire notre album!


Marcie

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Remporter les Francouvertes, ça représenterait quoi pour toi?

Pour l’instant, je me concentre sur le spectacle. C’est une super belle visibilité. J’ai un album sorti le 7 mai. Ça permet d’être bien rodé. Ça représente aussi des sous… un coup de pouce qui rend la vie plus facile.

Quel est l’artiste du moment auquel tu t’identifies le plus?

Ce que j’aime beaucoup, c’est Avec pas d’casque. Ils font de très belles poésies. C’est simple, mais c’est tellement inspiré. Keith Kouna, aussi, est très rock et très sensible à la fois. Les textes sont super beaux et les mélodies aussi. Klô Pelgag est également l’une de mes inspirations.

Comment décris-tu ton type de musique?

Ça m’a pris du temps avant d’assumer mon type de musique. C’est vraiment de la chanson française sans accent français et un peu revisité. Il y a quelques touches électriques, ma touche d’originalité.

Nomme-moi une personne qui t’inspire?

Quand j’ai commencé, je chantais surtout en anglais. Le premier album de Jewel a eu une grande influence sur moi. J’avais acheté son cahier de partitions et je faisais donc du folk.

Tu te vois où dans 10 ans?

J’aimerais faire d’autres albums. J’aimerais faire des tournées, me promener, aller en France et en Suisse. Si je peux vivre de ça ou écrire pour d’autres, ça me rendrait aussi bien heureuse.

Pourquoi devrais-tu remporter les Francouvertes?

On a des styles tellement différents. Il y a beaucoup de préjugés envers le rap alors si les Dead Obies gagnent je vais être contente. Selon moi on mérite tous de gagner.

Quels sont les thèmes qui t’inspirent?

Je me laisse guider par les mots. Je n’ai pas de thème en tête quand je commence. Par les sonorités des mots, je finis par arriver à quelque chose. J’ai une écriture assez classique. C’est sûr qu’il y a des chansons d’amour. L’amour et ses dérivés. Pas seulement « je t’aime, tu ne m’aimes pas », mais aussi l’amour qui consiste à prendre soin des gens.

Si j’étais magicienne et que je pouvais te donner exactement ce que tu veux en ce moment, ce serait quoi?

J’aurais envie d’avoir plus de registres de voix pour faire des sons plus aigus. Je suis paresseuse sur la guitare. J’ai fait du classique longtemps. J’aimerais pouvoir avoir une meilleure discipline à la guitare.

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