Les meilleurs albums de 2012 – dernière partie

Voici les cinq meilleurs albums de 2012. Cinq disques que vous pouvez aller acheter les yeux fermés sans vous poser la moindre question, cinq galettes au goût savoureux qui vous feront regretter que cette excellente année musicale se termine bientôt. Et on vous souhaite déjà une bonne année 2013.


#5 Alt-J
An Awesome Wave
[Infectious Music]

Les raisons du groupe sont sûrement multiples pour s’être arrêté sur le nom Alt-J, soit les touches qui permettent d’obtenir le signe delta ∆ sur un Mac. Cependant, si le delta ramène à la sensibilité d’un élément à une variation donnée en mathématique, la force de la formation est certainement d’avoir compris comment évaluer la valeur de celui de l’air du temps en musique. Un dosage aussi parfait d’influences à la fois marquées et hétéroclites, d’une voix polymorphe et d’instruments de toute sorte ne peut qu’être l’œuvre de grands mathématiciens de la musique et des émotions qu’elle procure. Alt-J fait entrer dans nos oreilles une musique qui marie folk et électro sur un fond recelant d’envolées a capela, de chutes rythmiques et d’influences rock tordues. Ce premier effort du groupe originaire de Leeds en Angleterre est carrément une vague de 13 chansons qui transcende l’esprit et dont la voix de Joe Newman vient cristalliser l’ensemble pour le rendre fluide. –RDF

La critique complète, ici.


grizzly-bear-shields#4 Grizzly Bear
Shields
[Warp]

À première vue, vous vous dites: mais quelle belle pochette! C’est parce que vous n’avez pas encore écouté l’album. À première écoute, c’est autre chose qui se passe. Le terme beau ne suffit plus: il s’agit désormais d’une œuvre complexe que vous apprenez à aimer un peu plus à chaque écoute. Le groupe new-yorkais Grizzly Bear a fait naître en 2012 une indie pop personnalisée (assaisonnée à la sauce grizzly probablement). Des arrangements complexes, des cuivres travaillés et des harmonies intéressantes mènent au résultat extrêmement satisfaisant que nous connaissons. Ce qui nous fascine dans le son des grizzlys, c’est leur souci du détail qui nous force à faire une pause afin de bien entendre tout ce qu’ils ont à faire entendre. Ça nous plaît alors… de prendre notre temps. Ces dernières années, la musique indie pop a eu une tendance plutôt effrayante à devenir trop accessible, trop pop pour le peu d’indie qu’il en restait. Avec Shields cette année, Grizzly Bear replace la barre un peu plus haute et c’est rassurant. –EJ


tame-impala-lonerism#3 Tame Impala
Lonerism
[Modular]

Allons-y, parlons sans gêne, l’auteur-compositeur Kevin Parker a du génie en lui. L’album Lonerism le confirme. Dans une ambiance psychédélique pop, les chansons transportent l’auditeur dans une humeur kaléidoscopique merveilleuse. Les textes sont bien travaillés et portent à réflexion. Loin d’être joyeux, l’auditeur fait la rencontre d’un Parker solitaire et sombre. Sa voix est haute, elle impressionne et suit de plus en plus les traces de celle d’un certain John Lennon. Lonerism réintroduit un son rock psyché sixties transformé par les possibilités sonores du 21e siècle. Parker utilise habilement les nouvelles options qui sont à sa disposition. Les chansons sont imbibées de sons électros, de guitares acides, de synthés planants. Allons-y d’une autre affirmation-choc, les Australiens sont actuellement les meilleurs sur la planète rock! -MC

La critique complète, ici.


frank-ocean-channel-orange#2 Frank Ocean
Channel Orange
[Def Jam]

L’album qui a enflammé les critiques en 2012 se retrouve naturellement très haut dans ce classement. Et ce n’est pas une surprise. Christopher Francis Ocean, autrefois connu comme l’un des infâmes interprètes du groupe de hip-hop, Odd Future, offre avec Channel Orange un visionnement pervers et divertissant de la vie privée d’une étoile montante de la musique. Seul devant le micro, Frank Ocean raconte sa vie à des étrangers comme s’il était en thérapie avec Freud. Il ne sacrifie rien au passage, pas même sa virilité. Au rythme de chansons qui feraient rougir des artistes à grand répertoire comme Stevie Wonder, Frank Ocean déshabille lentement son âme jusqu’à avouer que sa première flamme était un homme. Il convainc les adeptes de tous les genres que le RnB est un exutoire idéal, mais surtout sa plus grande rédemption. Trois des plus grandes chansons de l’année se retrouvent sur ce disque; Bad Religion, Pyramids et Sweet Life. La première est une confession de l’artiste, la deuxième est le Roxane de notre époque et enfin la dernière est une ode à la simplicité de la vie. À ces trois chansons, Frank Ocean peut se permettre de quitter les salles de thérapie pour enfin goûter à ce qu’il a toujours voulu, le respect.

La critique complète, ici.


liars-wixiw#1 Liars
WIXIW
[Mute]

Étrangement, les trois copains de Liars auront eu besoin de s’isoler au fond des bois afin d’accoucher de leur œuvre la plus électronique et viscérale à ce jour. Après un détour de deux albums qui nous replongeait directement dans les racines rock du groupe, WIXIW nous rappelle sèchement que ces trois grands voyageurs n’ont jamais réellement priorisé la facilité. Alors que tous les critiques s’entendaient pour écrire que le groupe s’était finalement trouvé une certaine zone de confort, une autre avenue plus alléchante semble s’être présentée à eux: ranger les instruments et imaginer une suite au très drogué et électro Drum’s Not Dead. Les mois de recul nous aurons finalement prouvé qu’il s’agissait de la voie à suivre. Une traversée placide et réservée qui nous fait facilement oublier leurs convulsions habituelles. La grande réussite de 2012. -MSJ

La critique complète, ici.


Pour voir le reste du palmarès, les positions:

25-21
20-16
15-11
10-6
5-1

3 comments on “Les meilleurs albums de 2012 – dernière partie

  1. catmatu 24 décembre 2012 at 10:31

    Je ne mettais jamais vraiment penchée sur le nouvel album de Liars, mais votre top m’a fait découvrir cet opus fort mature et intéressant. Et aussi, pour le reste, bon boulot!

  2. Olivier Morneau 24 décembre 2012 at 11:54

    Merci beaucoup! Et pour le Liars, écoute le avec des headphones. Ça change tout.

  3. par-ici 25 janvier 2013 at 17:04

    partout les mêmes albums…quel manque de curiosité

    Allez écouter le label 12k avec sa pépite Gareth Dickson (totalement en dehors du champ musical de 12k)

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