DVA – Fly Juice [2012]

dva-fly-juiceDVA
Fly Juice

Hyperdub
Grande-Bretagne
Note: 9/10

Tout comme 2010 et 2011 (et même avant ça), l’année 2012 fut une autre très bonne année pour l’étiquette de musique électronique indépendante britannique Hyperdub. 2012 débuta avec l’excellent album Pretty Ugly de DVA et Hyperdub semble maintenant vouloir boucler la boucle avec un second EP du même artiste: Fly Juice. Entre la sortie de Pretty Ugly et Fly Juice, nous avons également eu droit à différents albums et simples de King Britt, Laurel Halo, Cooly G, Terror Danjah, LV, Morgan Zarate et Ossie (parmi d’autres). Le son Hyperdub est toujours frais et différent même si celui-ci se situe parfois au coeur d’un genre musical stagnant: le dubstep. DVA poursuit donc son exploration du Hardcore Continuum avec Fly Juice et ça n’a rien de stagnant.

La pièce d’ouverture (dans sa version originale et sa version DJ-friendly 4/4), d’où l’EP tire son nom, représente bien l’étendue de ce dont DVA peut offrir ces jours-ci. Les quelques accords jazzé du début piquent rapidement la curiosité. Puis soudainement, on ne sait plus trop où DVA se dirige musicalement. Ce sont ces changements brusques qui retiennent notre curiosité puisque la production est très soignée. Le sentiment d’aliénation n’est jamais exhaustif. On passe donc du méditatif au dansant sans problème. Les deux morceaux suivant Do It et Walk It Out, quant à eux, sont un peu plus simples, mais tout aussi entraînants. La collaboration avec Big Space suit les mêmes thèmes et fait un usage de synthés intéressants. Shook fait un usage particulièrement original des limites du 4/4 tout en recyclant le traditionnel rythme dem bow UK funky-esque. Shook rappelle la production de French Fries encore toute fraîche One Ting Dub, sortie plus tôt cette année, qui elle aussi tenter de déconstruite la formule «4 to the floor». La voix d’Inga Copeland contribue un peu au déjà très bon morceau aux saveurs UK garage Rumours, mais sans plus. Fly Juice se termine avec un remix de Ganja par French Fries qui se faisait vraiment attendre. Ganja, paru en 2010, contenait une mélodie plutôt étrange, mais très entraînante. French Fries avait su bien enrichir cette mélodie avec son remix paru en 2011. Il n’était pas possible de ce procurer le morceau avant la sortie de Fly Juice.

DVA se mérite un 9 sur 10 pour Fly Juice. Tout comme l’album Pretty Ugly sortit plus tôt cette année, le EP Fly Juice pourrait aussi bien se mériter une note parfaite. Certes, ni un ni l’autre de ces deux albums semble complètement fini. Pendant que certains artistes similaires tels Zomby et Flying Lotus nous offrent des albums cohésifs, DVA semble préférer nous offrif un ramassis de morceaux bien produits, mais pas nécessairement bien ficelés ensemble. Fly Juice est un must pour les DJ de tous genres, mais le EP ne plaira peut-être pas aux moldus.

3 comments on “DVA – Fly Juice [2012]

  1. Annais 24 janvier 2013 at 12:56

    Coucou.

    Vraiment je suis fatiguée de ces musiques électroniques. Bon c’est vrai que les goûts et les couleurs ne se discutent pas mais je pense que l’on devrait revenir à une musique un peu plus travaillée et qui ne ressemble pas à toutes les autres..

  2. Olivier Morneau 24 janvier 2013 at 17:05

    C’est vrai que c’est un style bien à la mode, mais cette chanson utilise bien son roulement synthé pour créer de l’émotion. Bref, c’est mon avis.

  3. Marc Olivier Novak 26 janvier 2013 at 03:58

    Annais, si tu veux prendre le temps de comprendre la musique électronique (incluant certains des genres et motifs en question dans cet article), je te recommande de lire ceci: http://www.thewire.co.uk/in-writing/essays/the-wire-300_simon-reynolds-on-the-hardcore-continuum_introduction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *