Sun Airway – Soft Fall [2012]

Sun.Airway.Soft.FallSun Airway
Soft Fall

Dead Oceans
Etats-Unis
Note : 8/10

Amis du shoegaze, cette chronique s’adresse à vous! Pour les autres, rassurez-vous, car nous ne sommes pas sectaires dans l’équipe de Feu à volonté et vous pourriez bien vous découvrir des accointances avec Sun Airway, groupe originaire de Philadephie porté par le talent et la voix de Jon Barthmus. Un premier opus au titre alambiqué en 2010 avec Nocturne of Exploded Crystal Chandelier (que votre serviteur a daigné écouter et qui vous sera tout autant recommandé que Soft Fall), une tournée américaine en première partie de M83 qui n’en finit plus de briller outre-Atlantique avec son Hurry up, we’re Dreaming (qui n’a pas vu une seule publicité ou émission télé avec en musique de fond Midnight City?), voilà quelques éléments qui peuvent raviver des souvenirs chez les lecteurs.

De souvenirs je n’en avais pas, ne connaissant pas Sun Airway – le lecteur exigeant s’empressera de souligner que j’enchaîne un deuxième article sur un groupe que je ne connaissais pas avant et qu’il serait franchement temps de reprendre en main ma culture musicale. Bref, passons et donnons les premières impressions ressenties après quelques écoutes. Des univers sonores foisonnants, sortes d’édifices architecturaux défiant les lois de l’attraction, entre reverb et shoegaze (on peut même tenter chillwave) teintés de drums et de cordes savamment utilisées. Une voix de velours qui réveille le fantôme de Chris Martin. Des ambiances assez diverses, plus rythmées et plus pop quelquefois, plus contemplatives et planantes d’autres fois. Un cocktail qui fonctionne parfaitement.

Passé le premier des trois intermèdes Activity 1 et ses synthés, Close et New Movements ouvrent l’album avec la même recette. Morceaux assez rythmés et plutôt pop dans leur démarche, portés par des refrains qui font mouche, des univers instrumentaux labyrinthiques ne dédaignant pas les gimmicks (New Movements) et la voix de Jon Barthmus particulièrement séduisante et n’écrasant pas les instrumentations. De belles petites réussites avant le deuxième intermède Activity 2, morceau instrumental magnifique avec ses ruptures de rythmes, ses cordes et son piano soyeux. En deux minutes on se retrouve soudainement projeté dans l’univers de Cerulean de Baths et Sun Airway se montre particulièrement à son avantage avec ces ambiances plus mélancoliques. Un Wild Palms de qualité où l’instrumentation m’évoque un Daft Punk époque Discovery amène un autre sommet de l’album avec le très beau Laketop Swimmers. Morceau planant et contemplatif, volontiers poétique, comme si Pantha du Prince avait décidé de se mettre au chant. Juste beau.

Un titre éponyme nageant entre pop et shoegaze, un Black Noise plus rythmé avec son refrain un peu trop facile évoquant Coldplay, Sun Airway tient parfaitement sa recette et l’album se montre particulièrement cohérent (trop?). Symphony No. 2 est un autre sommet de l’album, sa rythmique rapide accompagnant superbement les cordes lancinantes en fond. On appréciera particulièrement la montée en puissance du morceau. Activity 3 (peut-on encore parler d’intermède avec ce titre de plus de 4 minutes?) confirme définitivement la qualité de Sun Airway dans les morceaux instrumentaux et répond parfaitement à Activity 2. Over my Head Clot l’album dans une ambiance de dream-pop aérienne plus attendue. En 11 titres, Sun Airway, porté par une production sans faille, nous offre une belle leçon de pop poétique, entre mélancolie et fulgurances d’espérance.

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