The Special Goodness – Natural [2012]

The Special Goodness
Natural

Surf Green Records
États-Unis
Note : 7/10

 

Les faits sont les faits. Ça fait maintenant un bon bout temps que l’on ne s’attend plus à rien de la part de Weezer. Malgré tout, chaque parution du groupe californien apporte son lot d’espoir. Espoir qui, depuis trop longtemps, se transforme aussitôt en bofWeezer aurait beau remplir une dizaine de bateaux de croisières et faire revivre la fausse effervescence du Love Boat au centuple, reste que le groupe n’a rien pondu d’excitant depuis Maladroit (Geffen, 2002). La bonne nouvelle parmi toutes ces mauvaises nouvelles, c’est que le batteur du groupe semble avoir pris des notes au moment de concevoir son quatrième effort solo sous le pseudonyme de The Special Goodness.

Depuis le temps que Rivers Cuomo nous vantait les talents de guitariste de Patrick Wilson, il était temps que la chose se concrétise sur album. Après une seule écoute de Natural, on réalise que pour une fois, le célèbre chanteur à lunette (ou émule de Buddy Holly) n’avait pas tort. Son comparse accomplit un boulot plus qu’honnête sur sa six cordes, en plus de s’accompagner sur tous les autres instruments que l’on peut entendre sur les dix morceaux qui composent Natural (un titre qui fait référence à l’état que Wilson souhaitait transposer à ses nouvelles compositions).

Avant tout, Natural devrait plaire aux nostalgiques qui ont vécu aux premières loges le règne du rock alternatif des années 90. Par moment, on peut penser aux grosses guitares de Built to Spill ou Archers of Loaf, alors que d’autres titres vont plutôt nous ramener vers la power pop efficace de Superdrag (trop peu connu) et des Canadiens Sloan (à l’époque où ils étaient toujours sous contrat avec Geffen). Comme noté précédemment, Natural pourrait laisser croire que Wilson avait eu un impact considérable dans le traitement des guitares que l’on pouvait entendre sur Maladroit. Un album qui, à l’époque, se voulait un anti-album vert (retour raté ou comment revenir d’Harvard avec rien de bon). Maladroit nous avait charmé par sa spontanéité et ses riffs aux inspirations presque métal. Ça et peut-être la barbe de Rivers Cuomo. À ce jour, la meilleure imitation de Mark Oliver Everett (Eels)!

Pour un retour que l’on n’attendait pas, il s’agit d’une très belle surprise. Encore une preuve que les membres de Weezer sont maintenant plus intéressants en solo qu’ensemble (du moins sur album…) Si vous n’êtes pas totalement convaincus, retournez écouter les deux premiers albums des Rentals (Matt Sharp) ou tentez de vous procurer les introuvables premiers démos des Space Twins (Brian Bell). D’ici là, on écoute The Special Goodness bien fort!

Toujours aucune sortie physique de prévue, alors on se tourne vers iTunes ou Amazon.

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