Duran Duran : Entre rétrospective et nouveauté

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par Catherine Lévesque

Marche militaire. Des visages graves, solennels. C’est avec une scène rouge communiste que les membres du groupe Duran Duran sont entrés en scène à 20h30 tapantes avec Before The Rain, faisant hurler du coup le Centre Bell, le 23 octobre dernier. Telles des marionnettes, le quatuor a mené le public montréalais par le bout du nez jusqu’à un degré d’excitation de non-retour.

La première partie était assumée par le groupe Neon Trees, notamment connu pour les chansons 1983 et Animal. En collants noir et argent et vêtu d’un chandail bleu métallique, le chanteur à mohawk Tyler Glenn avait beau sautiller partout, seulement quelques personnes dans la foule ont réagi son trop-plein d’énergie. Composé majoritairement de têtes grises et de twitteux qui voyaient leur message apparaître à l’écran, le public n’avait d’yeux que pour Duran Duran.

Après l’entrée militarisée, la violence s’est adoucie pour poursuivre avec Planet Earth et A View To Kill, des tubes plus pop. La voix du chanteur Simon Le Bon était juste, puissante comme à ses débuts malgré ses extinctions de voix dans les derniers mois, qui l’avait forcé à annuler bon nombre de concerts. Accompagné d’Anna Ross, une chanteuse à la voix d’or, et d’une percussionniste rouquine qui dansait sans relâche, l’énergie sur scène était contagieuse.

Quatre masques blancs au-dessus de la scène s’adaptaient pour représenter les visages des artistes ou tout simplement pour servir d’extension aux nombreuses images de l’arrière-scène. Le trop-plein de diapositives répétitives a altéré l’expérience visuelle. Notons aussi la publicité non-déguisée de Second Life après s’être demandé, le temps d’une chanson, pourquoi des filles virtuelles presque nues emplissaient les écrans. Les images laissaient à désirer, mais les éclairagistes en voyaient de toutes les couleurs, passant du bleu, au mauve, au vert dans le temps de le dire.

Se sont enfilés des tubes des années 80 et pas moins de sept extraits de leur nouvel album All You Need Is Now, paru en mars dernier. Si le public était resté sagement assis pendant ces nouvelles chansons un peu moins connues, l’invitation à danser de Simon Le Bon lors des succès Notorious et Hungry Like a Wolf a dégourdi les 5 750 chrétiens dans la salle, pour se poursuivre avec le célèbre (Reach Up For The) Sunrise. Les bras dans les airs, le Centre Bell hurlait de plaisir. Les deux rappels (Wild Boys, Rio), toutefois, eut raison des cris des fans qui en auraient voulu plus encore. «On dirait que j’ai encore 14 ans!» entendait-on autour.

Des rides s’étaient creusées dans le visage des membres de Duran Duran, mais le groupe-phare des années 80 se trémoussait encore avec une énergie de jeunes hommes. Après deux heures et 20 chansons exactement, on entrevoyait encore des lumières dans les yeux des spectateurs qui en auraient voulu plus. Twitteux ou pas Twitteux, les jeunes et moins jeunes ont trouvé leur compte dans un spectacle alliant rétrospective et nouveauté.

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