Ryan Adams – Ashes & Fire [2011]

ryan.adams.ashes.fireRyan Adams
Ashes & Fire

PAX AM/Capitol
États-Unis
Note: 7,5/10

Monsieur Adams est finalement de retour. C’est la fin de sa (fausse) pause musicale qui aura durée plus de deux ans. Beaucoup de choses ont changé dans la vie du mauvais garçon du country alternatif durant cette période. Il a dissout ses Cardinals. Il s’est marié avec la comédienne Mandy Moore (que l’on peut entendre sur la pièce Come Home). Il a fait publié deux recueils de nouvelles et de poèmes (Infinity Blues et Hello Sunshine), qui furent tous deux très biens accueillis par les critiques. Il a proposé un album aux inspirations Sci-fi Metal (Orion, 2010), qui aurait possiblement connu un succès notable s’il était paru vingt plus tôt. À travers tout ça, il aura aussi trouvé le temps de lancer l’un des bons albums de 2010: le très sous-estimé album double III/IV (qui contenait principalement des pièces rejetés lors des sessions de Easy Tiger). C’est ce genre de pause productive, qui aura aidé à entretenir sa réputation d’artiste inépuisable.

À une époque où les artistes se perdent en studio durant des mois (ou même des années), Adams suit ses inspirations et travaille à un rythme qui semblait normal dans les années 60, pas aujourd’hui. On parle quand même de 13 albums solos, dont trois doubles, en près d’onze ans! Malgré toutes ces magnifiques chansons, les critiques ne demandaient qu’une chose: une suite à son premier effort solo Heartbreaker (2000).

Cette demande, il l’aura comblée d’une certaine façon avec son treizième solo : Ashe & Fire. C’est bien la fin des albums rock enregistrés en deux semaines (Rock n Roll, 2003) pour rassurer une compagnie de disques qui craignait un suicide commercial avec un album jugé trop sombre (Love is Hell, 2004). Il faut rappeler qu’en septembre 2001, il avait charmé le peuple américain avec une chanson devenue patriotique malgré lui (New York, New York). Il fut même amené à jouer dans une pub de Gap, rien à voir le look d’ermite qu’il allait entretenir quelques années plus tard!

Mais pour en revenir à ce nouvel album… Est-ce que j’essaie de m’en sauver? Première remarque : d’où vient cette folle idée de ramener le légendaire Glyn Johns derrière une console? Oui, son fils a souvent travaillé avec Adams et oui, le père a travaillé avec les plus grands (Beatles, Clapton, Rolling Stones, The Eagles, The Who, The Clash et je pourrais continuer ainsi durant des jours!) Mais ça, c’était il y a très (mais très) longtemps. Sa réalisation est malheureusement le reflet d’une autre époque. Sa réalisation (analogue) est parfois ennuyante et rarement à la hauteur des compositions. Ceci dit et considérant le talent exceptionnel d’Adams (subtilement – je suis un fan fini), on est loin d’être devant un album inintéressant.

Ashes & Fire se dévore dans son entité. Il est difficile d’en ressortir certains moments clés. À l’exception de la poignante Do I Wait qui ne demande qu’à être réécoutée. Là où Heartbreaker était habité par influences country assez marquées, Ashes & Fire donne l’impression d’être porté par des influences gospel. Des influences que l’on pourrait attribuer à l’orgue omniprésente sur l’album et à la douce voix de Norah Jones. Une chanteuse beaucoup plus intéressante lorsqu’elle met sa voix au service des autres (Foo Fighters, Peeping Tom, Willie Nelson, Belle & Sebastian). Si vous aviez aimé Gold (puisque la comparaison est plus logique) et êtes un fan inconditionnel, c’est pour vous. Sinon, je vous conseillerais d’avantage The Whole Love du groupe Wilco. À se questionner sur la tangente que les pièces auraient prises sans la touche datée de Glyn Johns

4 comments on “Ryan Adams – Ashes & Fire [2011]

  1. Julien 14 octobre 2011 at 08:14

    J’écoute Ashes & Fire et Lucky Now en boucle depuis que j’ai acheté l’album (le jour de sa sortie).
    Ça sonne de façon démente avec des échos de Dylan.
    Ça fait du bien de fermer la parenthèse Cardinals qui pour moi n’était pas au top.

  2. Mathieu Saint-Jean 14 octobre 2011 at 09:23

    J’étais aussi heureux d’apprendre qu’il avait décidé de prendre ses distances face aux Cardinals. Ils commençaient à tourner en rond. Ceci dit, à mon avis, Cold Roses demeurent un des moments marquants de sa prolifique carrière. Un moment de grâce avec beaucoup de lap steel!
    Merci pour le commentaire:)

  3. Teo 16 octobre 2011 at 16:33

    Personnellement, j’aime justement le côté sombre de Love Is Hell. Celui que j’ai le plus écouté de Ryan Adams.

  4. Mathieu Saint-Jean 16 octobre 2011 at 21:33

    Love is Hell (surtout la part I) est l’un de mes albums favoris d’Adams en solo. Tu vises dans le mille en soulignant le côté sombre de l’album. Un côté qui se retrouvait aussi sur le très réussi 29.

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