St. Vincent – Strange Mercy [2011]

st.vincent.strange.mercySt. Vincent
Strange Mercy

4AD
États-Unis
Note : 8.5/10

La carrière des américains de St. Vincent s’est développée autour de deux contradictions. Avec sa chanteuse Annie Clark qui est passée par le groupe (digne d’un gospel) The Polyphonic Spree, il est impossible de ne pas esquisser un sourire lorsqu’elle met ses cordes vocales à l’oeuvre. Mais l’abondance de distorsions, de cassures rythmiques, de montées dramatiques et tordues nous rappelle que la musicienne est beaucoup plus qu’une simple ex-collègue de Tim DeLaughter.

Les contradictions émotives et morales d’Annie Clark deviennent de plus en plus évidentes d’album en album. Comparé à Actor, Strange Mercy est beaucoup plus lourd, beaucoup plus métallique. Avec des morceaux comme Chloe in the Afternoon, enrobés de synthétiseurs capricieux et de voix bourrés d’effets, on est loin de The Strangers. Northern Lights et Hysterical Strength ont toutefois beaucoup de ressemblance avec Actor out of Work, notamment au niveau rythmique et instrumental puisque les guitares sont au premier plan mélodique.

Là où on découvre un nouveau St. Vincent, c’est avec Surgeon. Un début bien agréable et atmosphérique, bercé par la belle voix d’Annie Clark. Un refrain plus nerveux, sans toutefois exploser. Et lorsque, après deux minutes et 40 secondes, la batterie augmente ses battements et que la guitare s’excite, un nouveau monde s’ouvre. On tombe dans une chute mélodique avant de revenir sur terre avec un solo de guitare électrique totalement étrange, une basse disco et un crescendo digne de Nine Inch Nails. Si les comparaisons avec Black Rainbow sont acceptées, il existe une différence majeure au niveau de l’instrumentation entre les deux chansons.

Le disque comporte aussi plusieurs moments plus lents. Strange Mercy et Champagne Year, entre autres, ont une ambiance douce sans tomber tomber dans le calme plat. Il s’agit des moments les moins forts de l’album. Le génie d’Annie Clark fonctionne bien mieux lorsqu’elle crée des pièces destinées à troubler l’âme plutôt qu’à la calmer. Néanmoins, comme toujours, ces petites accalmies s’incrustent à merveille dans la trame narrative de Strange Mercy et on oublie vite ces deux moments.

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