Beastie Boys – Hot Sauce Committee Part Two [2011]

beastie-boys-hot-sauce-committee-2Beastie Boys
Hot Sauce Committee Part Two

Capitol
États-Unis
Note : 8/10

Qu’on se le dise : je n’ai pas le hip-hop dans la peau de nature. Non, la bonne fée du swag ne s’est pas penchée au-dessus dans mon berceau pour rythmer mes gazouillis, jadis. Pourtant, quand les Beastie Boys, légendaires white asses avec autant de flow que les canailles des tréfonds du Bronx, lancent un album, je me fais un devoir d’y prêter l’oreille. La réputation du groupe n’est plus à faire, et quelle belle surprise, encore une fois, que Hot Sauce Committee Part Two! Définitivement, si on doutait de la pertinence de l’intronisation du groupe au Rock and Rock Hall of Fame en 2007 après la sortie de The Mix-Up, leur dernier né fait flancher toutes réserves.

A priori, avec Hot Sauce Committee, j’étais légèrement sceptique à savoir comment, après 30 ans sous les feux de la rampe, un groupe de rappeurs –désormais presque papi-rappeurs…- pourraient bien trouver le moyen de surprendre encore. Le pari fut remporté avec brio. Dès le troisième morceau de l’album, je me suis surprise à hocher la tête en battant le rythme comme une figurine de tableau de bord, en m’imaginant rapper dans une ruelle crade, toute de coton ouaté vêtue.

Mais le plus impressionnant, c’est qu’au-delà des rythmes bien ancrés et des refrains tapageurs, les Beastie Boys nous proposent cette fois-ci des morceaux revisités par une sonorité électro à la fine pointe des goûts de l’heure en la matière. La dernière partie de l’album verse même dans le dub éclaté, le tout pour mieux souligner les textes cinglants; comme toujours. Aussi, la collaboration avec Santigold, pour la pièce Don’t Play No Game That I Can’t Win, apporte une touche particulière à la progression musicale, avec les cuivres éclatants et la voix un peu soul de la chanteuse pop. Et ensuite, la transition subtile et bien orchestrée avec Long Burn the Fire, pièce des plus puissantes, constitue définitivement un des moments forts de l’album.

Décidément, le trio vieillit bien et continue à faire de l’innovation son levier créatif par excellence. Qui eût cru que ces quinquagénaires sauraient encore une fois donner la leçon à tous les néophytes de la scène hip-hop!

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