Peter Peter contrasté

par Aurélie Lanctôt

Le chanteur Peter Peter a lancé officiellement, mardi soir dernier, son premier album éponyme dans une performance fiévreuse sur les planches élimées de la Sala Rossa.

De toute évidence, il est terriblement glam, par les temps qui courent, de jouer les picaros sur les scènes underground à la mode. La houppette en bataille, le regard vitreux et la bouteille de vin lestement empoignée en montant sur scène; on a vite fait de saisir le personnage. Il n’y a pas à dire, le dernier signé d’Audiogram suit parfaitement la tendance avec son anti-chic et sa désinvolture. J’aurais pu me buter à cette première impression, ce déjà vu un peu lassant, mais en réalité, j’ai été agréablement surprise. Une fois la fausse imposture et l’arrogance dissipées, la musique a envahi l’espace et mine de rien, au bout de quelques mesures, mes genoux battaient la cadence.

Peter Peter avait fait connaître ses refrains il y a quelques mois, grâce à la diffusion sur le Web de sa chanson Homa, véritable ode au quartier montréalais et à son confort enfoui sous sa carapace trash. Encore là, c’est un discours bien en vogue. N’empêche, la pièce est loin d’être mauvaise. Je n’ai pas pu réfréner un petit frisson en l’entendant live, avec la puissance de la basse et la voix aérienne de la choriste mélangée au rauque plaintif de celle de Peter. Le reste de l’album s’inscrit dans le même ton suave et mélancolique; rien qui ne déplaît.

Le jeune Peter a définitivement de quoi accrocher l’auditoire avec sa moue d’enfant terrible. Ses textes sont collés au quotidien montréalais et empreints d’une douce poésie, ce qui rehausse certainement l’attrait pour les morceaux. Les pièces sont d’ailleurs entrainantes, autant qu’elles bercent gentiment. Un rock bien dosé qui fera sans doute son chemin pour un moment encore.

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