Radiohead – The King of Limbs [2011]

Radiohead - The King of LimbsRadiohead
The King of Limbs

Indépendant
Grande-Bretagne
Note : 8/10

Ce n’est pas parce que The King of Limbs est arrivé comme un cheveu sur la soupe que celle-ci se devait d’être mauvaise. Subtilement annoncé sur le web il y a à peine une semaine, le nouvel album des légendaires Britanniques de Radiohead n’aura eu que quelques jours pour construire sa hype et faire parler de lui. On est loin de In Rainbows.

En fait, pas si loin de In Rainbows. The King of Limbs s’inspire du précédent album tout en y ajoutant de nouvelles inspirations. Les récentes collaboration entre Thom Yorke, chanteur du quintette, et Flying Lotus s’entendent dès la première minute de Bloom. Les percussions éparses, très inspirées des albums Los Angeles et Cosmogramma du producteur californien, auraient pu constituer la base d’un remix électro de 15 Steps, tout comme les arrangements très laptop du morceau. C’est à se demander si l’album à été enregistré en studio avec le groupe tellement l’atmosphère se rapproche de l’album solo de Thom Yorke, The Eraser. Il y a toujours des harmonies vocales en arrière du mix, rappelant Nude de In Rainbows.

Little by Little constitue la meilleure partie de The King of Limbs. Mélodie construite en quatre étapes grimpantes qui retombent après le même nombre de mesures pour remonter, redescendre, remonter, redescendre. L’ambiance est à la confusion, au suspense. Comme chaque album de Radiohead, l’impression qui se dégage de cet opus est unique, extrêmement bien construite.

Le premier extrait, Lotus Flower, est l’un des morceaux les moins électros de la pièce. La batterie est principalement physique, rythmant une construction vocale de Thom Yorke qui pousse son falsetto au refrain en chantant « There’s an empty space inside my heart/Where the weeds stay root ». Si la pochette de The King of Limbs s’apparente visuellement au monde rencontré dans le clip de There There, la brume sonore du vidéo s’épaissit sur leur nouveau disque.

La progression de piano sur Codex rappelle fortement Pyramid Song mais en plus atmosphérique, en plus coloré. La chanson demeure toutefois moins directe que la balade pyramidale, et les comparaisons avec certains passages de l’album solo de Jonsi ne seraient pas superflues.

En clôture d’album, Separator impose des réflexions quant à la possibilité d’un album double encore fantôme puisqu’il est possible de précommander The King of Limbs en version vinyle double. Séparateur ou pas, le morceau aurait bien eu sa place sur In Rainbows, quelque part entre House of Cards et Jigsaw Falling Into Place, grâce à son rythme calme, mais intéressant et son enrobage vocal fantaisiste.

Malgré plusieurs jugements rapides et négatifs lancés à la hâte sur le web, The King of Limbs n’est pas le flop que certains croient. Non, ce n’est pas Kid A. Non, ce n’est pas In Rainbows. Oui, les comparaisons avec l’album solo de Thom Yorke sont justifiées. Oui, The King of Limbs peut s’apparenter à un Amnesiac un peu mou, coloré avec certains aspects empruntés à In Rainbows ou Hail to the Thief. Mais le talent d’écriture du quintette et la production de Nigel Godrich sauvent la mise, et Radiohead s’en sort avec un album de qualité qui mérite d’être écouté avec attention, question de l’apprivoiser. En espérant une surprise lors de la sortie du vinyle, le 9 mai.

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