Action Dead Mouse
Revenge of Doormats and Coasters

Greed recordings
Italie
7/10

Qu’on se le tienne pour dit : le post-rock et le math-rock sont des styles musicaux très complexes, difficiles d’accès et complètement anti-commerciaux. Le genre de truc qui fait aisément plaisir à un chroniqueur de mon genre, écrivain qui déteste l’homogénéisation des créations artistiques. Et dans la dé-homogénéisation musicale, Action Dead Mouse mérite sa part du gâteau. Mélangeant le son dramatique d’un Mogwai avec des cassures mélodiques et rythmiques à la Battles, le groupe réussit à maîtriser un style difficile, sans toutefois atteindre un niveau d’excellence suffisant pour réellement se démarquer.

Commençons par le commencement. Action Dead Mouse c’est, d’une part, un groupe italien de Bologne trempé dans le post-rock et le math-rock. On a droit à des structures désencadrées, de longues chansons remplies de surprises au niveau des compositions, des arrangements épiques avec violons et tonalités apocalyptiques et une ambiance labyrinthite incurable. Pas beaucoup de voix, plusieurs changements de tempo et une enveloppe globale très difficile à percer.

Le problème de Revenge of Doormats and Coasters se situe au niveau de la répétition atmosphérique. Bien que les changements de tempo réussissent à créer un certain attachement et une possibilité d’écoute attentive, on a l’impression que la même piste se répète encore et encore, sauf exceptions (Consequences Glasses : 3$ a Pair!). Même tonalité de guitare, arrangements de violon très semblables et compositions similaires.

Néanmoins, tout n’est pas noir, au contraire. Consequences Glasses : 3$ a Pair! est une piste terriblement pleine de rebondissements, avec son départ syncopé, sa fin dramatique et les deux entrecoupés d’un passage reposant, causant un mélange d’atmosphères réussi. Ce genre de compositions parsème l’album, mais n’est pas aussi bien représenté que sur ce titre. Another Sad Messiah Pt.1, d’une durée de 106 secondes, est une décharge totale d’arrangements épiques superposés à de l’agression de guitare, avec pour résultat l’un des meilleurs titres de l’album.

Si, finalement, Revenge of Doormats and Coasters ne cause pas vraiment d’émoi dans le monde de la musique, on ne peut pas dire qu’il mérite de passer dans l’oubli. Maîtrise définitive en matière d’arrangements, de complexité et de profondeur musicale, RoDaC constitue une petite perle pour les amateurs de détours infinis et de dédales abyssaux. Une réussite qui, sans repousser vraiment les limites du convenu, les défie avec conviction.